Mon antre

Je viens vous annoncer la réouverture du manoir, mon forum sur la littérature et tout ce qui touche au monde dark , seulement depuis tous ces mois où il a été fermé, il est si vide, j'ai besoin d'âmes pour le faire vivre à nouveau... alors sois le bienvenu et vient me rejoindre :
L'entrée c'est par ici


A très vite, je vous y attends...
Mon antre

# Posté le samedi 03 octobre 2009 09:04

Lullaby

Lullaby
De la soirée d'hier, il ne me reste qu'un gout amer qui persiste au fond de la bouche, une impression vague qui me fait douter, de moi, du monde, de tout. Je ne sais plus ce qu'il en est du vrai ou du faux, la frontière devient si mince entre les deux...



Pourtant tout avait si bien commencé...


Nous nous sommes croisés par hasard, un jour triste et froid de novembre, dans une cafétéria de hall de gare. Tu m'as sourit, tes yeux étaient si doux. Je t'ai souris également. Tu m'as offert un café et nous avons discuté, des heures durant, de tout, de rien, de nos joies, de nos peines. Tu as raté ton train et sauté juste à temps dans le tout dernier du soir, après m'avoir donné ton numéro de portable. Nous nous sommes appelés régulièrement, puis je t'ai invité à venir diner chez moi. C'était hier soir...


Tu arrives à l'heure dite, avec dans les bras un bouquet de jasmin, mes fleurs préférées. Que tu t'en sois souvenue me touche bien plus que je ne le voudrais. J'ai mis à ton intention, ma plus belle robe, velours et dentelles noires qui siéent si bien à mon teint pale. J'ai relevé mes longs cheveux roux en chignon. L'étincelle que je vois s'allumer dans tes yeux, m'assure que ces efforts n'ont pas été vains.


Nous nous installons dans le salon pour prendre un apéro. Tu sembles bien plus timide que la première fois. Mais j'aime cette retenue. Nous passons ensuite à table, le diner se déroule à la perfection : les mets sont délicieux ; le traiteur a fait de l'excellent travail, la conversation variée et intéressantes et tes yeux qui ne me quittent pas un instant. Tu me complimentes sur mes talents de cuisinière tout en t'étonnant que je n'avale pas grand-chose, ce, à quoi je réponds que d'avoir cuisiné m'a surement coupé l'appétit. Les minutes s'égrainent doucement, je profite pleinement de ce doux moment, espérant presque qu'il ne se finisse jamais.


Le repas étant terminé, je te propose de retourner au salon pour prendre un café ce que tu acceptes bien volontiers, trop peut être... à peine les tasses servies tu t'approches plus près de moi, trop près. Il y a ensuite ta main sur ma cuisse qui remonte jusque ma taille et ton visage qui se tend vers le mien, tes lèvres sur ma bouche et ta langue qui en force l'entrée... Puis tes mains qui parcourent mon corps s'arrêtant sur mes seins, essayant de caresser mes fesses et de remonter ma robe... et enfin ce que je sens durcir entre tes jambes... tout cela réveille ce qui sommeille au plus profond de moi...je sens ma langue qui s'ouvre pour laisser passer ce dard et ce désir intense de le planter dans celle qui la caresse inlassablement , mais je ne veux pas céder... je lutte contre... je me bats ... mais c'est bien trop fort... alors je laisse ce minuscule pieux acéré sortir, se planter dans la chair flasque de ton appendice buccal... et éjaculer ce liquide venimeux

Tu sursautes, surpris par cette piqure, tu essayes de te reculer mais nos deux langues sont soudées jusqu'à ce que je décide de te libérer et te repousses sur le canapé... ton regard reflète l'étonnement et l'incompréhension. Tu veux parler, tu n'y arrive pas. Mon corps bouillonne, mes entrailles se tordent, ma peau se dilate et l'effroi remplace l'inquiétude au fond de tes yeux. Tu veux hurler, tu veux te lever, tu veux fuir mais c'est déjà bien trop tard, le poison a fait son ½uvre, paralysant chacun de tes muscles. Tu ne peux que regarder ce corps qui se transforme, ses membres qui se divisent , ce ventre qui se gonfle, la robe qui se déchire sous la pression pour finir en lambeaux sur les planches du parquet et ce visage qui te fascinait quelques instant plus tôt se fondre dans le torse pour ne faire plus qu'un .


Et moi aussi je te regarde, j'attends patiemment que le venin continue son ouvrage. Tes yeux sont si expressifs, ils se teintent maintenant de douleur. Je sais que tes organes sont en train de se liquéfier un à un, lentement et que ta souffrance est immense, indicible, au de là de l'entendement. Des larmes perlent au coin de tes yeux. Tu me supplies de faire cesser cette torture, tu cherches en moi la fille que j'étais. Mais cela aussi c'est trop tard, il n'y a plus de retour possible et moi aussi j'ai faim. Si faim que je ne peux plus attendre plus, j'avance et je monte sur toi. Et je commence à aspirer tout ce que mon venin a liquéfié. Tu n'es pas encore mort, tu sens tout tes fluides qui te quittent et tu pries pour que cela ce termine vite....





Ce matin, une fois de plus je me réveille, nue, lovée dans une toile de soie tendue dans un coin du plafond. En dessous de moi, je vois ton cadavre desséché dans la même position que la veille. Je m'étire, il est grand temps de faire un peu de nettoyage. Après m'être habillé, je traine ce qu'il reste de toi jusqu'au fond du jardin. Ce n'est pas difficile, tu n'es plus qu'un tas d'os dans un sac de peau qui vire déjà au gris. Je prends le bidon d'essence qui m'attend bien sagement et je t'arrose généreusement de ce liquide malodorant. Je craque une allumette et tu t'embrases instantanément.

Alors que je regarde bruler ce qu'il reste de toi, les éternelles questions reviennent m'assaillir. Qui suis-je ? Qui de l'araignée ou de la femme est vraiment réelle ? Pourquoi suis-je condamnée à ne jamais connaitre le bonheur d'être aimé par un tendre amant ? Pourquoi cette faim qui reviennent sans cesse ? Mais jamais aucune réponse ne vient lever le voile.
Bientôt tes os calcinés se mêlent à ceux de ceux qui t'ont précédé. Je suis rassasiée pour un moment, quelques semaines durant lesquelles je vais rester femme, juste le temps en fait de trouver un nouvel amoureux...

# Posté le samedi 25 juillet 2009 16:23

Celui qui n'existait pas...


Ce soir c'est Noël. La nuit est tombée sur la ville illuminée depuis un moment. Les rues sont pleines de gens qui courent les bras chargés de cadeaux et de victuailles. Courses de dernières minutes... avant l'euphorie, la joie, le bonheur de ce réveillon en famille... ils courent, ils courent et ne me voient pas. Assis sur le trottoir, avec les vêtements sales, ma barbe de plusieurs jours, je n'existe pas pour eux, me voir, me regarder serait surement leur gâcher un peu de leur joie... du moins j'ose l'espérer... laissez moi au moins croire encore à ça...

Ce soir c'est Noël, et il fait froid, si froid. La température chute vertigineusement au fur et à mesure que les heures passent. Les rues se vident... les lumières des magasins s'éteignent une à une. Le silence s'installe, me laissant seul avec moi-même, seul au milieu de cette ville qui festoie et célèbre la venue d'un enfant. Le froid s'immisce dans les moindres recoins de mon corps fatigué. Il me pénètre, me transperce comme si il était fait de multitude de lames acérées.

Je laisse mon esprit voyager, retourner dans le passé pour y trouver un soupçon de chaleur, le souvenir des moments heureux aujourd'hui envolés. Tout avait pourtant bien commencé. Une enfance heureuse dans une famille bourgeoise, des études réussies qui ont fait la fierté de mes parents. La rencontre avec ma douce aimée, son sourire angélique et ses yeux bleus turquoise qui s'illuminaient quand ils se posaient sur moi. Notre mariage, le plus beau jour d'une vie qui rimait alors avec toujours. Notre premier appartement que tu appelais notre petit nid d'amour. La naissance de notre premier enfant, moment magique s'il en est, tout comme celle des deux suivants. Des petits doigts serrant le mien, bébé d'amour blottis dans mes bras. Puis le travail, l'ascension sociale, le pavillon dans la banlieue huppée. Les enfants qui grandissent sans que je m'en rende compte, accaparé par mon travail qui passe dorénavant avant tout et tous, avant toi, mon doux amour que je délaisse sans même en prendre conscience. Et les années défilent... tout semble établit, pourtant un jour tout s'écroule. Licenciement : merci de votre investissement dans notre société mais nous n'avons plus besoin de vos services. Chômage, ASSEDIC, ANPE, plans de reconversions qui ne mènent à rien. Et puis toi mon doux amour qui ne supporte plus que je ne te ramène plus l'argent nécessaire pour tes dépenses, toi qui a déjà pris un amant depuis bien longtemps et qui trouve que tu seras mieux avec lui qui est médecin, y a pas de chômage dans la maladie. Divorce, les enfants qui me tournent le dos aussi, je ne travaille plus je ne sers plus à rien, mais moi je vous aime alors je vous laisse tout. Je ne garde que ma voiture qui sera mon logis pendant quelques temps... jusqu'à ce qu'on me la vole alors que j'étais partit chercher du travail. Ensuite vient la rue, les trottoirs qu'on arpente à longueur de journée, la manche pour acheter ce vin de mauvaise qualité mais qui fait tout oublier l'espace d'un instant, les nuits dans les parkings , sur les banc public, les foyers pour passer la nuit au chaud mais au prix de la promiscuité et de la violence des autres. Violence aussi dans la rue, les insultes, les coups, le regard des passants sur soi, la honte de tendre la main pour quelques pièces. Les saisons qui défilent et toujours le trottoir pour unique horizon...

Mais ce soir c'est Noël. Combien de Noël ai-je passé dans la rue, ne n'ai pas envie de compter, mais je pense à vous, mes enfants qui maintenant doivent être parents, à toi mon doux amour qui doit gouter le plaisir d'être grand-mère et lire le bonheur dans leur yeux devant le sapin. Je sais que je ne suis pas dans vos pensées, pourtant vous êtes dans les miennes, vous l'avez toujours été, vous m'avez fait tenir, avancer. Mais ce soir je suis fatigué, si fatigué. Je n'ai plus la force de continuer, alors je laisse le froid m'envelopper.


Ce soir, c'est Noël, mon dernier Noël. Je sens la vie s'en aller, le sang s'écoule un peu plus lentement dans mes veines. Mon c½ur se ralentit peu à peu. Il n'y a pas de lumière au bout du tunnel, pas de gens qui m'attendent pour me serrer dans leurs bras, non rien de tout cela, juste le froid qui devient moins intense et le noir et la solitude pour uniques compagnons. Juste la douleur qui s'en va et la paix qui s'installe. Mes dernières pensées vont à vous mes amours, demain dans le journal du matin, peut être lirez- vous ces quelques mots, ou les entendrez vous de la voix anonyme d'un présentateur radio : » une nouvelle victime du froid : un sdf est mort cette nuit dans les rues de Paris ». Cette nouvelle ne vous gâchera surement pas votre journée et jamais vous ne songerez que cet homme que je suis est mort en pensant à vous... mais peu importe, cela fait longtemps que je n'existe plus...



Alana S

# Posté le samedi 28 février 2009 13:44

Tentation

Tentation
Marie-Sophie était ce qu'on appelle une fille de bonne famille. Depuis sa naissance elle faisait la fierté de ses parents. Elle était d'une nature docile, jamais un mot plus haut que l'autre. C'était une élève excellente, elle venait d'entrer en terminale et préparait un bac scientifique, elle avait comme projets d'avenir de passer le concours d'entrée de l'ENA ou bien commencer des études à la faculté de médecine.
Elle était appréciée de tous les amis de ses parents qui la citaient souvent en exemple à leurs enfants. Pour tout le monde elle était une jeune fille parfaite. Elle allait à la messe tous les dimanches avec sa famille et participait activement à beaucoup d'activités bénévoles de sa paroisse.
Elle avait beaucoup d'amis, mais aucun petit ami, à dix sept ans ce n'était pas encore vraiment dans ses préoccupations, au contraire de pas mal de ses amies qui elles, ne faisaient que penser aux garçons. Pour Marie-Sophie, l'important était ses études, sa famille et la paroisse. Le reste lui importait peu. Pourtant elle était loin d'avoir un physique ingrat, blonde, fine, de magnifiques yeux bleu turquoise, elle était des plus gracieuse et finalement plus jolie que la plupart de ses amies, ce qui bien sûr ne laissait pas les garçons indifférents, mais aucun n'avait jamais su attirer vraiment son attention.
Tout semblait parfait dans son petit monde. Tout semblait tracé. Mais bientôt, elle allait se rendre compte que rien n'est jamais acquis.



Sur le chemin du lycée se trouvait une boutique qui portait le nom de « Lithium ». Dans la vitrine de ce magasin, sur un mannequin en fer forgé, se trouvait une robe faite de soie et de dentelles noires. Elle avait un décolleté vertigineux, d'immenses manches et était fendue à une hauteur plus qu'indécente. C'était le genre de robe que jamais elle ne porterait et que tout le monde trouverait des plus vulgaires. Pourtant, tous les matins et tous les soirs, quand elle passait devant la vitrine, elle ne pouvait s'empêcher de s'arrêter quelques instants pour l'admirer. Cette robe la fascinait. Les semaines, les mois passaient, la vitrine changeait, mais elle trônait immuablement au centre de l'étalage. Inexorablement, Marie-Sophie posait les yeux sur cet assemblage de tissus et il lui fallait un long moment pour arriver à se détacher de la vitrine.

En cet après-midi ensoleillée de mai, l'heure de la sortie avait sonné un peu plus tôt que d'habitude à cause de l'absence du prof de math. Marie-Sophie avait donc une heure devant elle. Elle avait tout d'abord eut l'intention de rentrer directement chez elle et de profiter de ce temps supplémentaire pour peaufiner sa dissertation de philosophie. Mais quand elle s'arrêta comme à l'accoutumé devant la vitrine pour admirer la robe noire, une idée lui traversa l'esprit : si elle entrait juste un instant et demandait si elle pouvait l'essayer, histoire de voir à quoi elle ressemblera dans une telle tenue. Elle resta un moment indécise devant la devanture, se disait que ce n'était surement pas une bonne chose et que cette robe n'était absolument pas décente. Mais d'une autre coté, personne ne le saurait jamais et sa disserte de philo était déjà plus que bonne. Et elle en avait tellement envie, elle se laissa donc aller, céda à la tentation et poussa la porte de la boutique.

A l'intérieur, elle fut accueillit par une femme entre deux âges, aux longs cheveux noirs, au teint très pâle et toute vêtue de noir. Elle fut surprise par le vert de ses yeux, elle n'en avait jamais vu de semblables, d'un vert si lumineux, si intense, ils ressemblaient à deux pierres précieuses. La femme la salua avec un grand sourire et lui demanda :
- bonjour mademoiselle, puis-je vous renseigner ?

Son regard perçant ne quittait pas Marie-Sophie et la mit mal à l'aise. C'est rougissante qu'elle balbutia sa demande :

- Et bien ... j'aimerais savoir... si c'est possible... enfin j'aimerais... la robe dans la vitrine...


La femme sourie de plus belle :

- Tu veux l'essayer, c'est ça ?

Marie-Sophie rougit de plus belle en acquiesçant.

- Pas de soucis, seulement je vais te demander quelques petits moments de patience, le temps que j'aille l'enlever du mannequin. Tu sais cette robe est assez ancienne, et c'est un exemplaire unique et très rare, c'est ce qui justifie d'ailleurs son prix, me dit-elle en ouvrant le paravent et se glissant dans la vitrine.

Marie-Sophie se rendit que durant tout ce temps où elle l'avait regardé à travers la vitre, jamais elle n'avait fait attention à ce détail. Peu importait, de toute façon elle n'avait absolument aucun intention de l'acheter.
Pendant que la femme s'affairait à ôter la robe du mannequin, Marie-Sophie observa la boutique. C'était un bric à braque de vêtements, de bijoux, de fioles contenant des poudres, des bougies de tous coloris et diverses tailles ainsi que des têtes de morts. Il y avait également des armes blanches : des épées, des haches qui semblaient venues de temps anciens. Tout cela lui sembla bien bizarre, et elle se demandait si elle avait bien fait d'entrer ici. Mais que pouvait-il bien lui arriver dans une boutique située dans une rue passante du centre ville.

Ses réflexions furent interrompues par la femme qui lui tendit la robe :

- Veuillez me suivre, mademoiselle, la cabine d'essayage est par ici, lui dit-elle en la prenant par le bras et l'entrainant dans le fond de la boutique.

Elle se retrouva dans la cabine qui était faite d'un cercle de fer accroché au mur qui maintenait un rideau de satin noir. A l'intérieur il n'y avait qu'une chaise sans âge et un miroir ovale orné d'un cadre en fer fait de roses qui s'entrelaçaient. Elle posa la robe précautionneusement sur la chaise et ôta ses vêtements le plus prestement possible : un vague malaise commençait à l'étreindre, elle savait qu'elle n'aurait pas du être là, ce lieu n'était pas un endroit fréquentable, cette tenue était indécente. Elle fut même sur le point de se rhabiller, de rendre la robe et de s'enfuir à toute jambe. Puis elle regarda la robe posée sur la chaise, cela faisait des mois qu'elle l'admirait, la passer juste quelques instants n'était somme toute pas pêché mortel.

Elle l'enfila et se tourna vers le miroir. La robe semblait faite sur mesure, elle épousait parfaitement les courbes de son corps et le mettait en valeur. Elle se trouva très belle, bien plus qu'elle ne l'aurait du. Le décolleté lui fit prendre conscience de la beauté de sa poitrine, le noir du tissus faisait ressortir son teint de porcelaine et l'illuminait, avec l'immense fente ses jambes paraissaient plus fines et interminablement longues. Elle se surprit à sourire à son reflet dans le miroir.

Mais toutes les meilleures choses ayant une fin, elle se dit qu'il était temps de l'enlever et de reprendre sa vie de lycéenne sage. Elle allait ramasser ses vêtements quand elle se dit que quelque chose n'allait pas. Elle tourna son regard vers le miroir, et ce qu'elle vit la glaça d'effroi : son reflet dans le miroir n'avait pas bougé, il la regardait toujours avec un sourire sur les lèvres, sourire moqueur cette fois. Elle fut comme paralysée par cette vision, comme si le regard démoniaque du reflet l'hypnotisait et avant qu'elle ait eut le temps de faire le moindre mouvement, il se mit à bouger, à tendre les bras vers elle et traverser le miroir comme s'il n'était pas en verre mais simplement une surface liquide qui ressemblait à de l'eau.

Avant que Marie-Sophie ait le temps de dire ouf, son double était avec elle dans la cabine et la jeta violemment vers le miroir, elle crut que sa dernière était venue, mais ce qui l'attendait était bien pire encore que la mort.
Au lieu de se fracasser contre la surface dure et froide, elle glissa au travers comme si elle traversait un simple rideau d'eau et se retrouva dans un lieu sombre, froid, effrayant ou tout ne semblait être que désolation. Elle ne comprenait pas où elle était, comment elle y était arrivée. Elle savait juste qu'elle voulait retourner dans la cabine, ôter cette maudite robe et rentrer chez elle.

Elle se retourna et ce qu'elle vit la glaça : elle était dans le miroir qui n'en était plus un et elle voyait comme à travers une vitre la cabine d'essayage et son double qui la regardait un mauvais sourire aux lèvres. Elle se mit à paniquer, à taper de toutes ses forces contre le carreau et à hurler qu'elle voulait sortir. De l'autre coté, son double je mis à rire, un rire diabolique. Quand elle eut finit, elle se rapprocha tout doucement jusqu'à ce que son visage soit presque contre la glace, elle plongea ses yeux dans ceux de Marie-Sophie et elle murmura :

- Chacune son tour ma belle... j'étais enfermée depuis bien trop longtemps, ta sagesse, ta perfection me donnait la nausée, j'étais enfermée, attendant sans relâche que tu craques, que tu fasses un faux pas. Et aujourd'hui, en cédant à la tentation d'essayer cette robe, c'est enfin chose faite... tu m'as libérée... et je vais vivre ta vie, tout changer dans ton petit univers si sage... comme je vais enfin m'amuser... quand à toi, et bien tu pourras admirer ce spectacle au travers de chaque morceau de verre qui se trouvera où je serais... tout comme je l'ai fait depuis que tu es entrée dans ce monde... sauf que pour toi, il n'y aura pas de retour possible...
A ces mots, Marie-Sophie comprit son erreur, jamais elle n'aurait du entrer dans cette boutique, mais comment aurait-elle pu savoir ce qui l'y attendait. Ce ne devait être qu'un essayage, un tout petit intermède dans sa vie si sage si parfaite. Au lieu de cela elle se retrouvait prisonnière de l'autre côté de ce miroir, sans espoir de pouvoir en sortir un jour. Et cette fille, cette autre partie d'elle-même, qui était en train de ramasser ses vêtements et son sac de cours et qui allait prendre sa place avec ses parents, ses amis.

Le rideau noir de la cabine, s'ouvrit, laissant découvrir un lieu désaffecté qui n'avait plus rien à voir avec la boutique dans laquelle elle était entrée un instant au part avant. Enfermée dans son miroir Marie-Sophie ne put que la regarder partir... condamnée dorénavant à n'être que la spectatrice de la destruction de ce que fut sa vie ... de sa famille... les larmes de sa mère... la colère de son père... le regard choquée de ses amies... et le rire moqueur de celle qui lui avait tout volé à chaque fois qu'elle s'arrêtait devant un miroir...

La morale de cette histoire ? A vous de voir ... Seulement, quand vous vous regarderez dans le miroir, faites attention à vous....

# Posté le vendredi 13 février 2009 07:06

Voeux

Voeux


2008 s'en est allée... sans regret...
2009 pointe le bout de son nez...
De quoi ce chiffre 9 sera-t-il fait?
Je ne saurais dire...
meilleure ou pire...
joie, bonheur santé?
rien que des mots... des maux...
Pourtant il reste toujours l'espoir...
Et croire encore ...

# Posté le vendredi 09 janvier 2009 08:45